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EuroMed: des membres d'Euromesco estiment que "la violence actuelle ne fera qu’engendrer misère et haine.

Rabat (11/01/2009 - Fathi Bchir)

Des universitaires, membres du réseau euromediterranéen des instituts d'études politiques et stratégiques Euromesco mais agissant à titre personnel se mobilisent pour obtenir le cessez-le-feu à Gaza. A leur avis, "la violence actuelle ne fera qu’engendrer misère et haine. Elle ne réussira ni à éliminer le Hamas, ni à créer une sécurité pour Israël".

L'initiative suscite la polémique. Des membres israéliens du réseau en contestent la légitimité estimant qu'Euromesco n'a pas à prendre position. Mais les signataires insistent à dire que leur démarche est à titre personnel motivée par la gravité de la situation. 

L 'universitaire marocain Abdallah Saaf, qui est le président d'Euromesco, s'en explique dans une interview à MedAfrique:



Nous condamnons dans les termes les plus forts la dernière explosion de violence au Moyen Orient, par les attaques israéliennes à Gaza prétendument en réponse, aux attaques dirigées contre Israël elle-même.

•  Nous incitons fermement Israël à reconsidérer son rejet de la proposition de l’Union Européenne, déposée par la présidence française, pour un cessez-le-feu temporaire à visée humanitaire, et ceci, comme premier pas pour un arrêt permanent de toute violence.

•  Du moment qu’une telle violence ne peut avoir comme finalité qu’un échec diplomatique et politique, nous faisons appel aux membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour qu’ils déploient tous leurs efforts en vue de la négociation d’une solution dans les plus brefs délais, afin de protéger, au moins, les vies civiles, particulièrement à Gaza.

•  Ils devraient conjointement faire appel à un cessez-le-feu, renforcé si nécessaire, par des sanctions, et amener ensuite toutes les parties concernées par le conflit, y compris le Hamas, à une conférence visant à établir une solution basée sur les principes de l’accord de Genève de 2003 et de l’initiative de paix de la Ligue Arabe en 2002 ainsi qu’elle a été confirmée en 2005, et les résolutions des Nations Unies sur la question .

La violence actuelle ne fera qu’engendrer misère et haine. Elle ne réussira ni à éliminer le Hamas, ni à créer une sécurité pour Israël. Il s’agit d’une violence excessive, disproportionnée, et inefficace, quelle qu’en ait été la provocation, similaire en cela à la situation vécue au Liban en 2006. Ceci va à l’encontre des principes fondamentaux du droit international, et rend vain tout effort visant à instaurer la paix au cours des années à venir. La Syrie s’est déjà désengagée de ses conversations indirectes avec Israël au sujet de la paix, et le monde arabe a été submergé de manifestations de révolte.

Nous sommes profondément préoccupés par la situation humanitaire qui a découlé de l’usage de la violence. Après deux semaines, plus de huit cent personnes ont été tués, dont un nombre important de civils selon les Nations-Unies, et plus de trois mille blessés, depuis le début de la campagne israélienne contre Gaza. Au même moment, plusieurs personnes ont été tuées ou blessées en Israël à la suite de tirs de roquettes à partir de Gaza.

La stratégie du Hamas repose sur les attaques par des roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes proches, peut contrarier toute solution du problème palestinien. Selon le Hamas, cette stratégie constitue une réponse au blocus imposé depuis janvier 2006 à la bande de Gaza. Cependant le Hamas aurait dû adopter une stratégie appropriée basée sur sa légitimité démocratique et le droit international, la stratégie du blocus ayant clairement échoué à le détruire. Nul besoin de rappeler les privations relevées dans la bande de Gaza au cours de l’année dernière et qui font partie de la stratégie de blocus menée par d’Israël avec l’appui tacite de puissances extérieures.

Quoi qu’il en soit, le recours unilatéral à la force ne met jamais fin par lui-même à un conflit qui ne peut être résolu que par l’accord entre des parties sincèrement engagées dans cette voie, sur la base du droit international. Pour cela, le conflit de la Palestine doit être résolu. Cela suppose en retour la levée du blocus de Gaza afin de permettre au Hamas et au Fatah de régler leur désaccord de bonne foi. De même, Israël doit aussi faire face aux problèmes qu’il a toujours ignorés : Jérusalem, les implantations, le droit au retour et la sécurisation des frontières, y compris celles de la Palestine.

Le rôle des Etats-Unis dans la recherche d’une solution au conflit israélo-palestinien a toujours été critiqué, en plus du désintérêt de l’administration Bush au cours des huit dernières années. La prochaine administration Obama, compte tenu de son intérêt pour l’amélioration des relations arabo-américaines, ne devrait pas être détournée de l’objectif de mettre un terme á la violence et bâtir une solution durable par toute stratégie visant à limiter et orienter ses options.

Quant à l’Europe, elle doit appuyer cette initiative, en accord avec son appel en faveur d’un arrêt de la violence, en jouant le rôle recherché par les Palestiniens et les Arabes ainsi que par les modérés en Israël ; cela par un appui en faveur d’une solution de compromis fondée sur l’existence de deux Etats souverains voisins, l’un israélien et l’autre palestinien. Cela suppose que le Hamas et tous les autres acteurs politiques palestiniens soient associés au processus de négociation.

La guerre asymétrique dans laquelle le fort cherche à faire plier le faible, par « la terreur et la crainte », n’a jamais véritablement réussi, quels que soient les succès qu’elle peut avoir dans le court terme, ni d’ailleurs les solutions imposées par le biais de pressions économiques ou par l’isolement. La négociation, un processus politique fondé sur le compromis, est en fin de compte la seule voie pour aller de l’avant même si aucune partie ne peut pleinement satisfaire l’autre.

Nous soussignés, étant impliqués depuis plusieurs années dans les questions de la Méditerranée, faisons cette déclaration dans l’esprit de cet engagement et de cette préoccupation.

Premier sisgnataires:

George Joffé,  Mr . De Moraes Vaz, Abdallah Saaf, Nadim Shehadi, Alvaro de Vasconcelos, Mahdi Abdul Hadi, Roberto Aliboni, Amr El Shobaki,  Atila Eralp , Senén Florensa , Yavuz Tekelioglu, Niall Greene,Chaterkhalifa, Tuomo Melasuo, Hassan Soussi, Assia Bensalah Alaoui, Bichara Khader, Ahmed Rhazaoui , Ahmed Mahjoob, Mensur Akgun
 

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universitaire

kamal Mesbahi

J'adhère à votre appel. C'est au minimum ce que les universitaires doivent faire devant tant de massacres, devant une telle impunité faisant fi des dispositions des conventions internationales et face au silence coupable de ceux qui sont sensés les rendre effectives. Hier les pays occidentaux s'activaient à juste titre sur le cas de la Bosnie. Aujourd'hui, ils se taisent devant le cas d'Israel tuant des centaines de civils en direct à la télé et imposant à la communauté internationale un silence honteux. Or, les deux sont identiques : crimes contre l'humanité. Et c'est en tant que tels qu'ils doivent être dénoncés. mais où est donc ce fameux principe du "droit d'ingérence" ?

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